Avant de se lancer dans un emprunt – et notamment un emprunt immobilier -, il est important d’identifier avec précision le montant que vous êtes capable de consacrer par mois afin d’éviter le surendettement, en d’autres termes, de connaître votre capacité d’endettement. Mais de quoi s’agit-il au juste ? Comment la calcule-t-on ? Quelle est la capacité maximale acceptée par la banque et que faire quand celle-ci est dépassée ?

La capacité d’endettement, également appelée capacité de remboursement, désigne le montant maximal que vous pouvez accorder au remboursement des mensualités d’un crédit en fonction de vos ressources et d’autres charges. Deux grandes approches sont habituellement retenues, voire croisées, pour évaluer cette capacité d’endettement : le calcul du taux d’endettement et le calcul du reste à vivre.

Le calcul du taux d’endettement

Le calcul du taux d’endettement consiste à comparer vos charges à vos revenus afin d’évaluer le pourcentage des ressources consacré au paiement de dépenses récurrentes. Sont prises en considération dans ce calcul les sources de revenus suivantes : les salaires nets, les revenus professionnels non-salariés (bénéfices des agriculteurs, commerçants, artisans et professions libérales), les pensions alimentaires reçues sur décision judiciaire et les autres pensions comme la retraite ou le handicap. Selon les organismes prêteurs, d’autres revenus peuvent être pris en compte comme les allocations familiales, les allocations logement, les revenus ou les commissions, perçues par exemple par les commerciaux. Les revenus non réguliers, comme les primes exceptionnelles ou les indemnités professionnelles, sont exclus. Au niveau des charges, sont intégrés dans le calcul du taux d’endettement avant emprunt les mensualités de remboursement de crédit en cours (crédit à la consommation, prêt véhicule ou crédit immobilier si vous êtes déjà propriétaire), le loyer mensuel (si vous êtes locataire et si votre emprunt ne concerne pas un crédit immobilier), les pensions alimentaires versées à votre conjoint et toute autre charge récurrente (téléphone, gaz électricité, etc.).  

Prenons un exemple simple.  Imaginons un couple dont les revenus mensuels nets cumulés se montent à 8.000 € et les charges mensuelles à 1.600 € (1.200 € de charges diverses et 400 € de prêt pour un véhicule). Leur taux d’endettement actuel est de 20% (1.600 €/8.000 € X 100). Pour la plupart des organismes financiers, quand les charges dépassent un tiers des ressources mensuelles, le risque de surendettement augmente fortement. Les ressources qui restent pour faire face aux dépenses courantes et les marges de manœuvre en cas d’imprévus sont en effet réduites et exposent l’emprunteur à des difficultés potentielles. Dans notre exemple, la capacité de remboursement disponible du couple est de 1.040 € (8.000 € X 33% - 1.000 €) par mois. Au-delà de cette somme, la banque pourrait leur refuser d’accorder l’emprunt… à moins que le calcul du reste à vivre ne leur soit favorable. 

Le calcul du reste à vivre

Le reste à vivre correspond à la somme qui reste à votre disposition une fois que vous vous êtes acquitté de l’ensemble de vos charges. Il permet de déterminer ce qu’il vous reste pour vous permettre de vivre normalement et d’assurer des dépenses courantes incompressibles comme l’alimentation, les transports ou la garde d’enfants. Cette analyse plus fine de votre budget peut parfois inciter les banques à faire exception à la règle des 33% pour accorder un crédit. Tout dépend de la situation de votre foyer – êtes-vous célibataire, en couple, avec ou sans enfants ? -, de votre localisation – habitez-vous près ou loin de Luxembourg ? –, de votre statut en matière immobilière – êtes-vous locataire ou propriétaire ? - et de vos revenus présents ou à venir – sont-ils élevés, voire très élevés ou êtes-vous un jeune client disposant d’un fort potentiel au niveau professionnel ? Si, au final, la banque estime que votre reste à vivre est plus que confortable au regard de vos besoins, celle-ci n’aura pas de difficultés à vous accorder un prêt.

Vous l’aurez compris : l’octroi d’un crédit par votre banque dépendra en grande partie de sa politique de crédit et des relations que vous entretenez avec elle. Autrement dit, ce n’est pas parce que votre capacité d’endettement dépasse les 33% que votre demande d’emprunt sera automatiquement refusée !

11/2021

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